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Comment ça, le traducteur a tendance à ergoter ?



20 sep2019

Publié par Raphaël Lo Monte

Chers lecteurs, Je vous propose un petit article de fond sur l'attitude face au travail du traducteur. Ce n'est pas (toujours) de l'arrogance, ce n'est pas spécialement pour avoir l'air plus érudit qu'un autre. Cette nécessité de chercher la petite bête, sur son lit d'ironie, pour un travail réalisé consciencieusement. La traduction, ce n'est pas de l'à-peu-près, ce n'est pas de l'impro.

Le traducteur donne peut-être parfois l'impression d’ergoter1, de jouer sur les mots, de ne pas se contenter d'une solution qui lui viendrait spontanément à l'esprit lorsqu'il se trouve face à un nœud.

Il ne se contente pas vraiment d'une synonymie que l'on peut penser exacte et parfaite, il cherche plus loin, il cherche autre chose. Cela peut paraître étrange, tant certaines solutions couleraient de source pour certains.

La raison ? Sa quête des mots justes, des mots pesés juste comme il faut, dans le respect du public cible, du message, du ton, du registre et du style. Sans oublier la langue cible.

Traduire pour dire de traduire, à moitié, plus ou moins, ou au vogelpik2, ce n'est pas vraiment traduire. L'objectif du traducteur professionnel, c'est véritablement de rendre le message sous toutes ses coutures. Il serait aussi malhonnête de dire qu'il n'y a jamais de pertes par rapport à la source. Bien entendu, il peut y en avoir de légères, rarement, dans l'intention ou le style, par exemple.

L'à-peu-près n'est donc pas l'ami du traducteur. Et pour aller à l'encontre de l'à-peu-près, il faut fouiner. Non, le verbe emmener n'est pas l'équivalent d'emporter. Non, emménager et déménager n'ont pas la même signification, même si le résultat est le même. Et, non, implémenter n'est pas français : nous sommes dans l'anglicisme.

Tout réside dans la possibilité, ou l'envie, de pousser plus loin la réflexion et l'analyse du poids des mots choisis. Et bien entendu, il faut aussi savoir s'arrêter. Comme on dit, l'excès nuit en tout.

La tournure, la syntaxe, aussi. L'expérience du proche qui trouve la tournure utilisée on ne peut plus claire, alors que le traducteur laisse cette phrase en suspens... depuis deux jours. Nous sommes à l'affût de toutes les ambiguïtés, de toutes les ruptures syntaxiques possibles et imaginables. À l'affût de la moindre faute d'ortografe*, aussi, mais... chuuuuuut, ça, on ne peut pas le dire.

Et puis les accents, les Majuscules Mal Placées*, les MAJUSCULES NON ACCENTUEES. Et, la, ponctuation*. Et alors, les deux points ultra rigides chez RLM, les guillemets et le point en fin de titre. C'est non négociable. Ou non-négociable* ?

Il est vrai que nous pouvons être dans l'excès, c'est vrai que nous ne sommes pas capables de consulter le menu d'un restaurant sans décortiquer toutes les propositions culinaires, les unes après les autres. Là, d'accord, c’est excessif. C'en est même pénible. Par contre, dans le cadre de nos activités de traduction, j'appelle cela de la bienveillance. La justesse, l'exactitude, la complétude et la nuance, c'est ce qui caractérise le traducteur professionnel.

C'est ce qui nous distingue de ceux qui s'improvisent dans le métier ou qui pensent pouvoir traduire à l'aide ce qu'ils pensent avoir comme niveau dans la langue source... ou pire encore, qui pensent pouvoir traduire vers la langue étrangère. C'est aussi ce qui nous distingue des services peu recommandables proposés sur Internet, des traductions gratuites et/ou en ligne.

C'est donc pour cela que le traducteur ergote : pour continuer à tenir la dragée haute à Monsieur À-peu-près et pour flirter avec, et pourquoi pas séduire, Madame Qualité. Les mots sont si importants !

Alors voilà, c'est vrai que cela peut paraître too much pour certains, et barbant pour d'autres. Récemment encore, un interlocuteur me rétorquait qu'il ne serait pas capable de traduire comme ça, « des trucs ». Cela a, il est vrai, quelque chose de mental aussi. Se plonger dans un thème, passer de la compréhension à la réécriture du message. C'est une gymnastique qui s'acquiert, qui s'apprend. Donc, finalement, si ça peut paraître si terrible, autant le faire à fond, autant ergoter.

Comme dans tout, la passion et l'envie sont déterminantes. « Faire quelque chose qu'on aime », c'est souvent un conseil qui nous est donné.

Et nous aimons traduire, nous aimons faire cette gymnastique.

RLM


Trouver à discuter sur tout ; chicaner sur des détails

2 Eh bien, justement, en parlant de mots justes, un traducteur francophone traduit, en Belgique et en France, en tout cas, vers le français standard. L'expression « au vogelpik » ne serait pas utilisable pour un public autre que...belge. Il s'agit d'une expression utilisée en français de Belgique, laquelle signifie « au hasard ». Le vogelpik est à la base un jeu de fléchettes.